Inventaire des gaz à effet de serre

L'inventaire d’émissions de gaz à effet de serre de l'année 2017 et le rapport y relatif (National Inventory Report 2017, en anglais) ont été remis au secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) le 15 avril 2017. L'inventaire couvre les années 1990-2015 et a été préparé selon les lignes directrices de la CCNUCC. Un certain nombre de recalcules, dus majoritairement aux recommandations issues d’audits internationaux opérés par la CCNUCC et la Commission Européenne en 2016 et à une révision du bilan énergétique par le STATEC, ont été opérés.

Le total des émissions de gaz à effet de serre (GES), en 2015, était de 10.267 millions de tonnes CO2e, soit 19,3% en dessous de l'année de référence du protocole de Kyoto, 1990. Ainsi, on observe la tendance suivante sur la période 1990-2015 (et 2014-2015) selon les différents GES:
  • CO2: .............................. -21,22% (-5.01%)
  • CH4: ..............................  -2.12% (+1,08%)
  • N2O: ............................... -6.02% (-1.05%)
  • gaz fluorés: ..................... +285% (+0.47%)
  • Total GES :..................... -19.34% (-4.53%)

 

Le dioxyde de carbone (CO2) était la source principale de GES au Luxembourg. Elle couvrait 90,6% du total des émissions de gaz à effet de serre - total excluant UTCATF (Utilisation des Terres, Changement d'Affectation des Terres et. Foresterie). La deuxième source de GES était le méthane (CH4) avec environ 6,05% des émissions totales de GES excluant UTCATF. L’oxyde nitreux (N2O) était la troisième source avec 2,8%. Les gaz fluorés étaient responsables pour seulement 0,74% des émissions totales de GES excluant UTCATF, avec les hydrocarbures fluorés (HFCs) représentant 0,65% du total, l'hexafluorure de soufre (SF6) 0,09% du total national.

 

Emissions de gaz à effets de serre en 2015 par groupe d’activité

GROUPE D’ACTIVITÉ

CO2

CH4

N2O

Gaz fluorés

Total National

 

(kt CO2e)

(kt CO2e)

(kt CO2e)

(kt CO2e)

(kt CO2e)

Combustion pour production d’électricité, cogénération et chauffage urbain

453.046

1.636

2.533

***

457.216

Combustions dans les secteurs résidentiel, commercial et institutionnel

1528.521

10.950

3.261

***

1542.731

Combustion dans l’industrie

947.971

1.973

3.132

***

953.077

Procédés de production industriels

517.334

***

3.477

***

520.812

Extraction et distribution de combustibles fossiles

0.045

34.554

***

***

34.599

Utilisation de solvants et autres produits

29.353

***

***

75.920

105.273

Transports routiers

5634.380

1.054

48.671

***

5684.105

Autres sources mobiles et machinerie*

189.501

0.103

7.698

***

197.302

Traitement et élimination des déchets

***

77.413

15.557

***

92.970

Agriculture**

5.809

493.812

181.228

***

680.849

Utilisation des sols et sylviculture

-418.361

***

13.418

***

-404.943

TOTAL

8887.600

621.496

278.976

75.920

9863.992

Notes:                                                                                    

* comprend: aviation, rail, navigation, machines agricoles, machines industrielles                                          

** comprend: fermentation entérique, gestion du fumier, sols agricoles, fertilisants, combustion stationnaire dans le secteur agricole

*** pas d'émissions comptabilisées   

 

L'évolution des émissions dans les différents secteurs sur la période 1990-2015 (et 2014-2015) était la suivante (voir aussi la figure ci-après):

  • Énergie: .................................................................................... -13.59% (-5.24%)
  • Procédés industriels et l’utilisation de produits: .......................... -61.83% (-1.10%)
  • Agriculture: ................................................................................ -4.70% (+2.15%)
  • UTCATF: ..................................................................................... -938% (-11.24%)
  • Déchets: ................................................................................... -16.94% (-3.85%)

 

Entre l’année de base, 1990, et l’année 1993, les émissions restaient plus ou moins stables. Entre 1994 et 1998, les émissions diminuent fortement pour atteindre leur valeur la plus faible en 1998. Comparé à l’année 1990, l’année 1998 montre une réduction de plus de 30%. Cette diminution était principalement due à l’arrêt des deux hauts fournaux dans la sidérurgie et le passage aux fours à arc électrique pour la production de l’acier.

Commençant en 1999, les émissions connaissent une augmentation constante jusqu’en 2004, pour atteindre leur maximum en 2005 à 12,96 millons de tonnes CO2e (excluant UTCATF). Une forte augemntation est par exemple constatée en 2002 avec la mise en opération de la centrale électrique TWINerg à Esch-sur-Alzette.

Ce maximum est succédé par une diminution des émissions jusqu’en  2009. Cette diminution est majoritairement associée à la crise financière et économique ayant engendré un baisse de l’activité économique en général.

Après une légère reprise en 2010, une diminution continue des émissions est observée depuis. Cette réduction est principalement associée à la diminution de l’activité de la centrale électrique TWINerg (suivi de sa fermeture en 2016) ainsi qu’à une baisse des ventes des carburants routiers.

Le transport routier, est un autre bon exemple montrant à quel point le niveau d’activité peut influencer l’évolution des émissions de GES au Luxembourg. L’augmentation observée pour les années 1999 à 2004 résulte de l’accroissement de la consommation nationale (dû à une augmentation du parc automobile et du kilométrage parcouru) ainsi que de la vente de carburants au niveau du transport routier (y compris l’export de carburant dans le réservoir des véhicules). La réduction d’émission survenant entre 2006 et 2009 est une conséquence de la baisse de la vente de carburant (tourisme à la pompe) due à la crise financière et économique, et qui avait atteint son plus bas niveau en 2009. Depuis 2011 (nouveau pic), les ventes de carburants semblent diminuer continuellement jusqu’en 2015.

Ces exemples illustrent bien la particularité du Luxembourg en comparaison à d’autres pays. Dû à sa petite taille, l’introduction d’une nouvelle activité industrielle/économique ou encore la cessation d’une telle activité peut directement influencer de manière considérable les émissions de GES du pays. Tandis que d’autres pays, qui par leur taille et leur nombre d’activités et d’installations différentes, possèdent des émissions de GES plus élevées, qui ne seront pas visiblement affectées par ce genre de situation.

Notons que l'inventaire 2017 n’a pas été soumis à un audit annuel externe par un groupe d’experts internationaux mandaté par les Nations Unies. Cependant, il a été soumis à un audit de qualité opéré par la Commission Européenne en coopération avec l’Agence européenne de l’environnement. Quelques recommandations précises ont été exprimées au sujet de la transparence, et pour différentes sous-catégories dans le secteur de l'énergie, des procédés industriels et de l'utilisation des produits, de l'agriculture, de l’UTCATF et du secteur des déchets. Ces recommandations seront implémentées dans la version de l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre 2018.

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