Le ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, Serge Wilmes, a participé à la réunion du Conseil « Environnement » de l’Union européenne (UE), le 25 juin 2026 à Luxembourg. À l’ordre du jour ont figuré plusieurs échanges portant sur des dossiers clés, notamment la révision des normes d’émissions de CO₂ pour les voitures et les camionnettes, le lien entre nature, entreprises et compétitivité, la résilience dans le domaine de l’eau, le règlement REACH, ainsi que la résilience aux changements climatiques.
En marge du Conseil, le ministre luxembourgeois de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité a également tenu plusieurs réunions bilatérales avec ses homologues et leurs délégations respectives.
Modification du règlement relatif aux normes en matière d'émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes
La présidence chypriote a présenté son rapport de progrès des négociations concernant la proposition de modification de l’actuel règlement relatif aux normes en matière d'émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes, suivi d’un échange de vues des ministres.
Dans ce contexte, le ministre Serge Wilmes a rappelé que la transition vers une mobilité à zéro émission doit être pleinement alignée sur les objectifs climatiques de l’UE. Il a également souligné que le contexte géopolitique, les marchés de l’énergie et l’évolution des ventes confirment la nécessité de maintenir une trajectoire d’électrification ambitieuse, claire et prévisible, garantissant sécurité juridique et attractivité des investissements.
Nature, entreprises et compétitivité
Les ministres ont par la suite eu un échange sur l’impact et les dépendances des entreprises à l'égard de la biodiversité. Le rapport IBPES 2026 indique que toutes les entreprises - quels que soient leur taille, leur secteur d'activité ou leur localisation - dépendent de la biodiversité. En moyenne 48,9 % de la production économique des pays est fortement dépendante de la nature.
Le ministre Serge Wilmes a souligné l’urgence d’agir face à la triple crise planétaire en rappelant que la préservation du capital naturel est indispensable à une prospérité durable. Il a insisté sur une approche globale intégrant la valeur économique et intrinsèque des écosystèmes, la nécessité d’une réponse structurelle à leur dégradation, ainsi que sur un encadrement strict des instruments émergents, comme les crédits nature. Les travaux nationaux sur un plan national de financement de la biodiversité ont également été évoqués.
Programme LIFE
Le ministre Serge Wilmes a rappelé que le programme LIFE constitue depuis plus de 30 ans un instrument essentiel, produisant des résultats concrets sur le terrain avec une valeur ajoutée, notamment pour les petits États membres, à travers le transfert de connaissances, la mise en réseau, l’échange de bonnes pratiques, et s’est engagé à continuer à maintenir le programme dans le futur.
Stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau
Un an après son adoption, la stratégie européenne pour la résilience de l’eau a permis des avancées en matière de sensibilisation et de mobilisation.
Le ministre Serge Wilmes a souligné que cette dynamique se reflète également au niveau national, avec l’élaboration en cours d’une stratégie dédiée. L’efficacité de l’utilisation de l’eau constitue un axe central, soutenu par des instruments visant à accompagner les entreprises.
Tout en notant une stabilité globale de la demande, des risques futurs de tensions sur la ressource ont été identifiés, notamment à l’horizon 2040. Dans ce contexte, l’importance des mesures de sensibilisation, d’instruments incitatifs et d’objectifs clairs a été soulignée, ainsi que le besoin de développement d’outils de numérisation ou d’implication du niveau européen en vue de la mobilisation accrue de capitaux privés.
Règlement REACH
Les ministres ont tenu un échange de vues sur l’avenir du règlement REACH, à la suite de l’abandon de sa révision par la Commission européenne en avril 2026.
Le ministre Serge Wilmes a exprimé son regret face à ce report, tout en soulignant l’importance stratégique de cette réforme. Se référant à une position conjointe avec la France, les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et l’Italie, il a indiqué que la comitologie pouvait permettre des avancées concrètes pour moderniser et simplifier le cadre actuel, sans toutefois se substituer à une révision d’ensemble.
Il a réaffirmé la nécessité de garantir un niveau élevé de protection de la santé et de l’environnement, tout en insistant sur l’importance d’assurer aux entreprises un cadre réglementaire stable, prévisible et propice à l’innovation.
Circular Economy Act
Les pays du Benelux ont présenté leurs priorités communes en vue du futur Circular Economy Act.
Le Luxembourg a souligné la nécessité de maintenir un niveau d’ambition élevé dans la transition vers une économie circulaire, essentielle à la compétitivité et à la résilience de l’Union. S’appuyant sur une position conjointe avec la Belgique et les Pays-Bas, il a appelé à une action coordonnée et harmonisée afin de garantir des conditions de concurrence équitables.
Il a également mis en avant l’importance du principe du pollueur-payeur, du renforcement de la prévention des déchets et de la réparabilité des produits, tout en insistant sur la nécessité de limiter les charges administratives sans compromettre l’ambition environnementale.
Résilience aux changements climatiques
Lors du déjeuner de travail, les ministres ont échangé sur les moyens de renforcer la résilience climatique et de mobiliser les investissements nécessaires.
Le ministre Serge Wilmes a souligné la nécessité de garantir davantage de prévisibilité dans les politiques publiques afin de soutenir les investissements à grande échelle. Trois priorités ont été mises en avant : des cadres politiques clairs et stables, une utilisation stratégique des financements publics pour mobiliser des capitaux privés et un alignement étroit avec les objectifs de compétitivité.
L’importance d’une transition à la fois équitable, économiquement viable et génératrice de bénéfices concrets a été soulignée, notamment en termes d’emploi, de résilience et de sécurité énergétique. Dans ce contexte, des initiatives telles que la plateforme de financement climatique développée avec la Banque européenne d’investissement ont été évoquées comme exemples de bonnes pratiques.