Les anciens sites miniers de la Minette: Agissons avec respect pour le maintien de leur biodiversité

Les anciens sites miniers de la région de la Minette sont des paysages inédits qui témoignent du passé géologique de cette région ainsi que de l’histoire industrielle du Luxembourg.

Suite à l’abandon des activités d’extraction de minerai de fer à la fin des années 1970, ces paysages se sont développés en des sites d’un intérêt écologique sans précédent.

Aujourd’hui ils sont désignés comme zones protégées en tant que réserves naturelles au niveau national et en tant que zones Natura 2000 au niveau européen.

Etant situés à proximité de grandes agglomérations, ces mêmes sites sont appréciés comme zones de récréation, aussi bien par la population locale, que par les visiteurs occasionnels et les touristes.

Les Réserves naturelles des anciens sites miniers

Réserve naturelle Année
Surface (ha) Région
Prënzebierg 1991 255 Niederkorn, Pétange, Lamadelaine
Kiemerchen Scheiergronn Groussebësch (2020) 392 Differdange, Oberkorn, Belvaux
Ellergronn 1988 110 Esch-sur-Alzette
Brucherbierg Lalléngerbierg 2016 267 Schifflange,  Kayl, Esch-sur-Alzette
Léiffrächen 2019 306 Kayl, Tétange, Rumelange
Haard Hesselbierg Staebierg 1994 594 Dudelange, Tétange, Rumelange

 

Règlements grand-ducaux de désignation

Pourquoi les anciens sites miniers sont-ils si précieux?

Biodiversité

Les anciennes minières sont devenues de véritables « hot spots » de biodiversité. Les vestiges rocheux, les substrats peu fertiles ainsi que le microclimat chaud et sec en été ont favorisé le développement de pelouses sèches hébergeant une diversité étonnante d’orchidées

 

 

 

de papillons, d’abeilles sauvages et d’oiseaux. Parmi les oiseaux figurent des nicheurs au sol tel que le Pipit des arbres et surtout l’Alouette lulu, qui elle a presque complètement disparue du Luxembourg mais qui a trouvé refuge dans les anciennes minières.  

 

 

 

 

Les habitats rocheux sont peuplés par le Lézard des murailles, la Coronelle lisse ou encore le Hibou Grand-duc.

 

 

 

 

Paysages inédits

Terre rouge, fronts de taille, terrasses d‘extraction, talus d’éboulis, le tout parsemé de vestiges industriels et de végétation qui a repris le dessus - ce sont ces éléments paysagers sillonnant la Minette comme de grandes cicatrices qui forment aujourd’hui des paysages spectaculaires d’une beauté remarquable, tout en évoquant le riche patrimoine historique de cette région.

 

 

©Pulsa Pictures

Récréation

Les zones sont fréquentées et appréciées par de nombreux promeneurs avec ou sans chiens, randonneurs, sportifs (VTT, course à pied) et amateurs de la nature à la recherche de sensations de détente, de décompression, de découverte ou d’aventure. Leur proximité aux agglomérations, leurs reliefs variés, leur paysage unique ou encore la nature exceptionnelle sont des atouts qui rendent ces anciens sites miniers tellement attractifs au public.

Afin de préserver la biodiversité de ces réserves naturelles tout en maintenant leur valeur récréative, nous prions les usagers de respecter certaines règles de conduite élémentaires, certes quelque peu contraignantes, mais cruciales pour le maintien de la faune et de la flore habitant ces oasis de biodiversité.

Nous comptons sur votre coopération !

 

Règles de conduite

Les règles de conduite présentées ci-dessous sont basées soit sur des interdictions inscrites dans les règlements grand-ducaux de désignation des réserves naturelles en question, soit sur des dispositions générales de la loi pour la protection de la nature et des ressources naturelles. Mais, le plus souvent ces règles font tout simplement appel au bon sens des usagers des zones.

Tenez vos chiens en laisse de mars à septembre

Les chiens doivent être tenus en laisse obligatoirement du 1er mars au 30 septembre pour deux raisons :

1) Les anciens sites miniers constituent d’importants sites de nidification pour certains oiseaux nicheurs au sol qui sont assez sensibles aux dérangements (p.ex. Alouette lulu, Pipit des arbres)

Lors de la période de nidification, les adultes nécessitent surtout de la quiétude et beaucoup d’énergie pour élever leurs jeunes avec succès. Chaque dérangement causé par des chiens non tenus en laisse et s’éloignant des chemins coûte les oiseaux de l’énergie précieuse, ce qui se traduit en une réduction du succès d’élevage des jeunes. Par conséquent les populations des nicheurs au sol continuent de diminuer, même sur ces sites protégés.

 

 

2) La gestion des pelouses sèches se fait au moyen d’un pâturage itinérant avec un troupeau de 300 moutons et d’une cinquantaine de chèvres. Malheureusement le berger rencontre chaque année des problèmes avec des chiens non-tenus en laisse qui dispersent les moutons ou, pire, les attaquent et les blessent.

Au-delà du 30 septembre, quand les oiseaux sont déjà partis vers le sud, le troupeau de moutons continue de parcourir les pelouses sèches souvent encore jusqu’en décembre. La présence du troupeau sur les sites en question est annoncée par des panneaux amovibles.

Les promeneurs sont alors priés de maintenir leurs chiens en laisse pour éviter des conflits.

 

 

 

Restez sur les chemins

Avec l’augmentation de la fréquentation des anciens sites miniers par les usagers récréatifs le nombre de chemins et de sentiers qui « naissent spontanément » et traversent les pelouses sèches ne cesse de se multiplier. Il en résulte des dégâts à ces habitats précieux et un rétrécissement de plus en plus important des zones de quiétude pour la faune sauvage.

Ceci concerne surtout les oiseaux nicheurs au sol qui sont dérangées par la présence constante hors chemins de promeneurs et de sportifs. Mais chaque année on retrouve sur des petits sentiers des orvets, serpents et insectes rares écrasés par les pneus des VTT.

Les orchidées si caractéristiques pour la Minette sont souvent piétinées.



Ces dernières années d’énormes efforts ont été faits pour baliser un réseau attractif de sentiers VTT parcourant les réserves naturelles et zones Natura 2000 en question tout en évitant les zones les plus sensibles.

De même il existe un grand réseau de sentiers nature, de sentiers autopédédestres ou d’autres sentiers thématiques permettant de découvrir ces sites splendides.

Veuillez respecter et utiliser ce réseau de sentiers aménagés et, en général, rester sur les chemins bien développés.

Ne cueillez et n’endommagez pas les plantes - Ne capturez et ne dérangez pas les animaux

Les réserves naturelles sont des refuges pour la faune et la flore sauvage. Venez les observer dans leur milieu naturel et vous en réjouir avec le respect qu’elles méritent, sans toutefois les endommager ou déranger. Ceci concerne plus particulièrement la cueillette et le déracinement de plantes sauvages (p.ex. orchidées), la capture d’animaux (p.ex. papillons) et le dérangement de la faune en général.

Au cours des dernières années l’utilisation de drones est devenue de plus en plus fréquente, et ceci particulièrement dans les anciens sites miniers qui présentent des paysages spectaculaires. Alors que l’usage de ces drones puisse, dans certains cas, être utile pour aider la gestion des sites ou pour fournir des prises de vue destinées à la sensibilisation du public, ces pratiques ont aussi un grand potentiel pour déranger les oiseaux présents sur ces sites. Vu l’intérêt ornithologique particulier de ces sites, l’usage de drones est soit interdit, soit fortement déconseillé en fonction des différents sites.

Les véhicules motorisés restent en dehors des sites

Les réserves naturelles ne sont pas des terrains de jeu pour motocross, quad, 4x4 et autres engins motorisés. Leur utilisation sur les pelouses sèches cause d’importants dégâts à ces biotopes protégés et aux espèces qui les habitent. La présence même de ces véhicules et le bruit qui en résulte dérange également la faune.

Les ayants droits (propriétaires de terrains, gestionnaires des sites, forestiers, agriculteurs, chasseurs) ont bien évidemment le droit d’y circuler dans le cadre de l’exercice de leurs activités/professions/missions, mais sont également priés de limiter l’usage au minimum nécessaire et de le faire dans le respect de la nature.

 

Pas de déchets, feu, bruit ou camping

A travers tous les anciens sites miniers on peut constater que les places de feu de bivouac sauvages se multiplient.

Alors qu’on puisse comprendre qu’un barbecue entre amis, éventuellement suivi d’une nuit de camping dans un décor de rêve, puisse paraitre très attrayant, ces activités ne restent malheureusement souvent pas sans impacts négatifs sur les sites et leurs habitants sauvages.  

 

Déchets : Les places de feu et leurs alentours sont très souvent parsemées de déchets, dont cannettes, bouteilles, éclats de verre, plastiques et autres emballages de toutes sortes.

Laisser trainer des déchets en réserve naturelle est en tout cas strictement interdit. Veuillez ramener vos déchets à la maison pour les recycler. Ceci vaut bien sûr également pour toutes autres activités non liées à d’éventuels barbecues.



 

 

Feu : Le feu est un risque réel, surtout en été quand la végétation typique des anciennes minières est souvent très sèche. Par conséquent il est fortement déconseillé voir interdit d’allumer des feux.  


Musique/bruit : Les barbecues et autres rassemblements s’accompagnent souvent de musique et de vacarme. Nous préconisons une utilisation calme de ces réserves naturelles dans le respect de la faune sauvage, mais également dans le respect des autres visiteurs des sites.


Camping : De manière générale le camping est interdit partout en dehors des sites de camping spécialement désignés. Ceci vaut donc aussi et surtout pour les réserves naturelles, dont celles de la région de la Minette.

 

Gestion des anciens sites miniers

Le maintien et la protection des pelouses sèches et des espèces caractéristiques des anciens sites miniers ne repose bien évidemment pas que sur des règles de conduite pour les visiteurs, mais surtout sur une gestion ciblée des habitats naturels et semi-naturels.  

Chantiers nature

Sans intervention, les pelouses sèches sont envahies par les buissons et arbres pionniers évoluant ainsi lentement vers des milieux boisés. En vue de maintenir l’état ouvert les pelouses sèches et habitats rocheux avec leur cortège très spécifique d’espèces si caractéristiques pour la Minette et si uniques pour le Luxembourg, des interventions régulières sont indispensables.

En été

Divers travaux d’entretien comme la fauche et de légers débroussaillages. Ceci concerne aussi l’enlèvement de certaines plantes non-indigènes et invasives. Ces travaux font en principe recours à la main d’œuvre manuelle et aux chevaux de trait et, si nécessaire, aux débroussailleuses. 

 

En automne/hiver

  • Débroussaillages plus conséquents de parcelles fortement embroussaillées avec enlèvement des racines pour réduire les repousses.
  • Décapages de la terre végétale avec mise à nu de la roche à des endroits écologiquement appauvris. Ici des végétations pionnières peuvent se régénérer au cours des années à venir.
  • Dégagement de la végétation cachant les fronts de taille pour maintenir leur exposition au soleil et créant ainsi des habitats propices aux abeilles sauvages, aux reptiles, ainsi que des sites de nidification potentiels pour des oiseaux nichant dans les falaises.
 

 

En fonction des travaux à effectuer nous faisons recours à la simple main d’œuvre, aux débroussailleuses et tronçonneuses ou même aux tracteurs et mini pelles.

Ce qui ressemble au début souvent à une destruction massive se développe rapidement en habitats fleuris très riches en biodiversité.

Nous appelons à votre patience, les résultats se feront voir dans les mois et années suivant l’intervention.

 

 

Pâturage itinérant

Un berger et son troupeau de 300 moutons et de 50 chèvres parcoure annuellement, entre mai et décembre, les anciens sites miniers.

Le pâturage empêche ainsi que ces terrains, et en particulier les pelouses sèches, se recouvrent peu à peu de broussailles et d’arbres.

Le pâturage itinérant contribue ainsi directement au maintien de cette impressionnante diversité d’espèces.

Certaines pelouses sèches sont pâturées deux fois par an, d’autres une fois par an ou seulement une fois tous les deux ou trois ans.

©Roland Felten

Zones de quiétude

Pour des raisons de protection de certaines populations d’oiseaux ou d’autres animaux ou de plantes sensibles au dérangement ou au piétinement, il peut s’avérer nécessaire de désigner des zones de quiétude qui ne sont pas fréquentées par les visiteurs.

Ceci peut impliquer la fermeture de certains sentiers ou de zones plus ou moins grandes. Nous vous prions de les respecter pour le bien de la faune et de la flore locale si caractéristique des anciens sites miniers.

 

 

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