Le Plan national de gestion des déchets et des ressources comporte des mesures et des lignes directrices concernant la mise en œuvre de la Loi modifiée du 21 mars 2012 relative à la gestion des déchets.
Il analyse la situation en matière de gestion des déchets et définit les mesures à prendre pour assurer le réemploi, la préparation à la réutilisation, le recyclage, la valorisation et l’élimination des déchets dans les conditions les plus respectueuses envers l’environnement tout en restant conforme au contexte législatif national et international.
Le programme de prévention, également prévu par la loi, est intégré dans le texte du Plan national et cible explicitement tout ce qui concerne le volet de la prévention des déchets.
3e révison du PNGDR
En date du 15 avril 2026, le Conseil de gouvernement a approuvé la troisième révision du Plan national de gestion des déchets et des ressources (PNGDR). Le ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité a présenté le PNGDR à la presse lors d’une conférence qui s’est tenue le 24 avril 2026.
Un cadre de référence renforcé pour l’économie circulaire
Depuis 2000, le PNGDR constitue un cadre de référence essentiel pour la prévention et la gestion des déchets au Luxembourg.
Le PNGDR 2025 :
- analyse la situation actuelle de la gestion des déchets et des ressources, afin d’identifier des pistes concrètes d’amélioration ;
- définit 86 objectifs stratégiques et 328 mesures opérationnelles à l’horizon de 2030 pour renforcer la prévention des déchets et garantir une gestion durable des ressources au Luxembourg ;
- évalue les progrès de la transition vers une économie circulaire et un futur « zéro déchets ».
Une élaboration fondée sur la participation
Le PNGDR 2025 est le fruit d’un processus participatif approfondi. Il repose sur un état des lieux et des analyses approfondies réalisées par des experts des différents flux de ressources ainsi que les communes, les syndicats intercommunaux, les acteurs économiques concernés et les parties prenantes de l’économie circulaire.
Le projet a été enrichi et ajusté sur la base des contributions issues de la consultation publique menée du 11 juin au 1er octobre 2025, via le portail national des enquêtes publiques et la plateforme « Zesumme vereinfachen ». Au total, 46 avis ont été soumis, donnant lieu à 260 commentaires, intégrés dans la version finale du plan.
Des principes clairs pour guider l’action
Le PNGDR s’appuie sur des principes fondamentaux qui structurent l’ensemble des mesures prévues, parmi lesquels :
- la hiérarchie des déchets, qui privilège la prévention, le suivi du réemploi, la réutilisation, le recyclage et la valorisation – avant l’élimination ;
- la protection de la santé humaine et de l’environnement ;
- le principe du pollueur-payeur, selon lequel les coûts de gestion des déchets doivent être pris en charge par les producteurs de déchets ;
- la responsabilité élargie du producteur, qui confère aux producteurs une responsabilité financière, pour la gestion de leurs produits en fin de vie.
- Des infrastructures de gestion des déchets résilientes
- Le plan accorde une attention particulière aux infrastructures de gestion des déchets afin d’en assurer la durabilité, la résilience et l’intégration dans une logique circulaire. L’analyse porte notamment sur :
- les décharges ;
- les installations d’incinération et co-incinération ;
- les installations de compostage ;
- les installations de biométhanisation ;
- les centres de ressources.
Des objectifs ciblés pour chaque flux de déchets
Le PNGDR identifie 22 types de déchets ou champs d'action, organisés selon les modalités de gestion ou la nature des déchets et des polluants concernés.
Pour la première fois, le PNGDR 2025 introduit un chapitre dédié aux déchets textiles ainsi qu’aux déchets contenant des polluants organiques persistants (POP). Il renforce également les actions transversales en faveur du réemploi, de la réparation et de la sortie du statut de déchet.
À l’horizon 2030, des objectifs précis sont fixés, notamment pour :
- les déchets municipaux ménagers : atteindre au moins 60 % de recyclage en poids et mettre fin à la mise en décharge des déchets municipaux ;
- les biodéchets et déchets alimentaires : couverture intégrale du territoire national par la collecte séparée et valorisation des nutriments ; réduction des déchets alimentaires tout au long de la chaîne de valeur ;
- les déchets de construction et de déconstruction : prévention des terres d’excavation, promotion du réemploi des matériaux de construction et la gestion de la fin du statut de déchet ;
- les déchets d’emballages : recyclage d’au moins 70 % des emballages et réduction des emballages en plastique à usage unique ;
- le littering : diminuer les déchets sauvages, renforcer la responsabilité des producteurs de produits en plastique à usage unique et améliorer le suivi accru de l'évolution du littering ;
- les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) : atteindre et maintenir un taux de collecte d’au moins 65 % et renforcer la prévention, le réemploi et la préparation à la réutilisation ;
- les déchets de textiles : instaurer une filière à responsabilité élargie des producteurs, optimiser la collecte séparée, améliorer le suivi des flux de textiles et promouvoir le réemploi ;
- le réemploi et la préparation à la réutilisation : structurer et promouvoir le réemploi et la réutilisation, établir des bases de données fiables en matière de réemploi.
Des mesures pour passer de l’ambition à l’action
Afin d’atteindre ces objectifs, le PNGDR prévoit des mesures spécifiques parmi ces mesures figurent notamment :
- le renforcement de la collecte séparée des déchets ménagers ;
- la promotion de la collecte séparée des biodéchets, des actions de sensibilisation ciblées et des plans d’actions contre le gaspillage alimentaire ;
- le développement de filières de valorisation des déchets de construction, la promotion de la déconstruction sélective, du réemploi des matériaux et de la fin du statut de déchet ;
- des accords environnementaux et des campagnes renforcées de prévention et de lutte contre le littering ;
- le développement du cadre réglementaire pour les déchets textiles ainsi qu’une analyse des flux de textiles et leur potentiel de valorisation ;
- la mise en place de plateformes et réseaux dédiés au réemploi, leur intégration dans les centres de ressources et leur promotion via le Pacte Climat.